Peigang, une jeune fille Miao de 15 ans


Jiang Peigang, 江培刚, est une jeune fille de 15 ans, de la minorité Miao. Elle vit en Chine dans un petit village de la province du Guangxi.


J’ai rencontré Peigang lors de mon stage de fin de master  en Chine. J’ai vécu avec elle et sa famille durant plusieurs jours et j’ai envie de vous raconter son histoire.

Miao Vacances de la mi-automne

On est début octobre, Peigang va rentrer chez elle pour les vacances de la mi-automne. Cela fait trois ans maintenant qu’elle est interne au collège de la région. Vivre en internat est bien différent de la vie à la maison. Des jeunes filles de villages et de milieux familiaux très différents partagent au quotidien leur nouvelle vie.

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Peigang a trois sœurs et un petit frère. Ils vivent tous dans la maison de ses grands-parents. Deux de ses oncles vivent aussi avec eux. La maison ne manque pas de vie quand tout le monde est réuni pendant les vacances.

Pour rentrer du collège à la maison,  son père vient parfois la chercher à moto, sinon elle rentre à pied, avec des copines et sa sœur. Il y a deux ou trois heures de marche du collège jusque chez elle. Une route vient d’être construite jusqu’à son village, mais les transports sont peu fréquents.

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Sa famille vit dans une maison en bois à un étage. Au rez-de-chaussée il y a une grande pièce de vie, rien de bien confortable, une télévision, une petite table, quelques tabourets en bois. Une sorte de torchis recouvre le sol. Cet espace est surtout fonctionnel. Un petit autel est consacré au dieu du foyer. La cuisine se situe un peu en contrebas, un feu de bois au centre permet de faire la cuisine. Il y a quatre chambres au premier étage.

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Quand Peigang avait cinq ans, ses parents sont partis avec sa sœur Peiqiu alors âgée de 3 ans pour travailler au Guangdong. On gagne mieux sa vie là-bas et c’est moins pénible que de travailler aux champs. Sa grand-mère l’a élevée jusqu’au retour de ses parents cinq ans plus tard. Peigang a appris à vivre seule avec sa grand-mère et à être autonome rapidement.

Quand ses parents et sa soeur sont revenus cinq ans après deux autres petites filles les accompagnaient. Elle avait désormais trois petites sœurs.


« Quand ils sont revenus, je ne les reconnaissais plus, j’étais trop petite quand ils sont partis, alors c’était comme des étrangers pour moi. » 


Peigang a réappris à vivre avec ses parents et ses sœurs. Son petit frère est né au village quelque temps après. Aujourd’hui, les enfants vivent et jouent tous ensemble entre frères et sœurs les cousins ne sont jamais bien loin non plus. Tout le monde a appris à vivre ensemble et à bien s’entendre.

Un journée avec Peigang

Dès qu’elle est levée Peigang commence à préparer le petit déjeuner pour ses sœurs. Peigang est l’aînée, alors tout naturellement c’est elle qui prépare les repas. Entre deux cuissons, elle se débarbouille le visage à l’aide d’une serviette et de l’eau bouillie, elle se lave les dents dehors.


« Cela fait bien longtemps que c’est comme ça, je sais faire la cuisine, alors c’est moi qui prépare les repas.»


Elle lave des feuilles de salade, coupe la viande en petits morceaux qu’elle fait revenir dans un grand wok. Elle coupe des piments rouges pour les ajouter à des légumes acides. Du riz glutineux a été préparé par ses parents avant son réveil. Il faut du temps pour que tout soit prêt pour le petit déjeuner. Deux heures après leur réveil, les soeurs prennent enfin leur petit déjeuner. Dans la cuisine, il y a toujours une marmite d’eau sur le feu. L’eau bouillie est utilisée pour la vaisselle, la toilette ou pour remplir le thermos. La vaisselle est faite à tour de rôle par les sœurs, cela prend parfois plus d’une heure pour nettoyer tous les plats.

Ses parents partent travailler aux champs tôt le matin. La grand-mère va chercher les légumes dans les champs. Elle rentre en milieu de matinée et commence à préparer les légumes pour le déjeuner. Peigang ne mange pas avec ses parents à midi, mais plus tard dans la journée avec le reste des plats. Les plus jeunes grignotent des boules de riz glutineux ou vont s’acheter des friandises quand ils ont faim.

La maison est toujours grande ouverte aux visiteurs. Dès le matin, des membres de la famille qui n’habitent pas ici viennent voir ce qui se passe, des enfants rentrent et viennent jouer avec les petits-cousins, des grands-mères viennent discuter les unes après les autres.

L’après-midi, tout le monde s’occupe. Peijie, qui n’a que huit ans, promène sa petite-cousine sur son dos. Les enfants n’ont pas beaucoup de jeux, mais trouvent toujours quelque chose à faire. Les jours de pluie, la télévision permet de passer le temps quand on ne peut pas aller jouer au badminton ou au saut à l’élastique.

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« Nous n’avons pas grand-chose, mais on est content avec ce que l’on a. » Me dit-elle.


Et ça se voit dans les sourires des enfants qui jouent dans les maisons, et dans la cour d’école. Ils s‘agitent, ils courent, se bagarrent, se cachent, ils dansent, ils fabriquent leurs propres jouets, leurs propres cabanes.

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Il n’y a pas encore l’eau courante dans la maison alors elle va chercher l’eau à la source du village. Peigang porte deux seaux d’eau en équilibre à l’aide d’un épais bâton de bois posé sur ses épaules. Ces seaux sont très lourds. Il faut faire attention en remontant jusque chez elle, la pente est parfois un peu raide et le poids pèse sur les épaules. Il ne faut surtout pas tout renverser. Peigang fait ça depuis qu’elle est petite, elle est habituée à porter ces lourdes charges.

Quand elle a un peu de temps, Peigang va voir des amies qui habitent aussi dans le village. Elles se baladent et discutent de tout et de rien ou vont faire la lessive ensemble à la source.

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Peigang emporte toujours son portable avec elle, dans sa poche, toute la journée est ponctuée par le son des messages instantanés qui arrivent. Même dans ces petits villages perdus dans les montagnes, on peut rester en contact avec ses camarades. Quand elle a un peu de temps, Peigang va voir des amies qui habitent aussi dans le village. Elles se baladent et discutent de tout et de rien.

Le soir, les parents rentrent et tout le monde prépare le dîner autour du feu. Peigang et sa sœur vont mettre la table. Le repas terminé Peigang va se laver le visage et les pieds dans une bassine. Elle ne prend pas de douche tous les jours. À chaque fois, il faut aller se laver dehors avec un seau d’eau chaude. Aucune pièce n’a encore été aménagée pour pouvoir se laver dans la maison. Ses cheveux, elle peut les laver tout habillée, il lui suffit de renverse la tête en avant, de les laver et de les rincer à l’aide d’une bassine d’eau.

Un des oncles de Peigang est en train de se construire une nouvelle maison en brique, juste à côté. Une des premières dans le village. Une fois finie, toute la famille pourra partager les sanitaires et les pièces communes de cette nouvelle maison.

Les enfants vont se coucher à peu près tous en même temps. Les plus jeunes dorment avec leurs parents, ça fait beaucoup de monde dans la chambre à l’heure du coucher. Bien que Peigang soit une jeune fille, elle ne passe pas beaucoup de temps dans sa chambre. Le soir, seulement, avant de se coucher, elle prend un peu de temps pour lire ou bien faire ses devoirs. Peigang s’endort bercée par les rires des adultes et les commentaires des animateurs d’un show télévisé qui passe à la télé.

Camille

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